Dimanche 13-06-1926
Voici terminé, en apothéose, le quatrième Grand Prix d'Endurance automobile de 24 heures. L'A.C.o.qui a créé cette épreuve peut être fier du résultat obtenu et des progrès
indéniables qu'elle a amenés dans i'industrie automobile. La foule qui s'intéressa vivement aux péripéties de cette lutte internationale mettant aux prises des voitures françaises,
anglaises, américaines,italiennes fut plus nombreuse que jamais. Dimanche, à l'arrivée, les tribunes des Raineries qui.supeibement illuminées pendant la nui t avaient été des
plus animées, regorgeaient littéralement de spectateurs. Du reste, tout le long du parcours, il en était ainsi. Aucun accident sérieux à signaler. Comme incident, un seul
qui ait été assez vif. II  s'agit de la mise hors de course des voitures Peugeot dont les chances, à ce moment, étaient encore très sérieuses. Rappelons que pour la Peugeot  III,
il s'agissait de l'absence de pare-brise; pour la Peugeot  II  conduite par Boilîot. grand favori de la course, de la mise en marche par un moyen autre que la mise en marche
automatique. Il semble que les commissaires sportifs n'aient fait qu'appliquer le règlement. Cependant , certains, et ils étaient nombreux, estimaient qu'ils l'avaient appliqué trop
rigoureusement, surtout en ce qui concernai t la Peugeot  II. Quoi qu'i l en soit, cette décision fui, l'occasion d'une manifestation violente, dirigée principalement, pour des raisons .
que nous ignorons, contre l'un des commissaires, M. Faroux, dont, nous le craignons bien, l'autorité sortira amoindrie de l'aventure. Cette application stricte des règlements
priva ainsi la grande marque française d'automobiles. . dont les succès dans les épreuves internationales ont porté bien loin le renom de l'industrie automobile française,
d'un nouveau succès qu'elle était en droit d'escompter. F Nous avons di t que M. Bénazet, commissaire à l'Education Physique, voulant se rendre compte de l'état des routes après
le Grand Prix, avai t fait, en compagnie du préfet, du maiire du Mans et des dirigeants de l'A. C. O-, un tour complet du circuit.
M. Bénazet a constaté que toutes, aussi bien celle de Tours, poudronnée, que les autres,silicatées ou viàlitées avaient résisté merveilleusement. Et cette constatation officielle
nous procure le plaisir de terminer par des félicitations à tous ceux qui ont contribué à la réfection totale du circuit et dont les efforts ont amené ce brillant résultat.
Une erreur typographique, résultant d'une transposition de ligne s'est glissée dans le tableau du palmarès publié hier matin par l'Ouesl-Fclalr. Le 5* du classement dans la
2e coupe Biennale (finale) n'est pas le n" ',5 (Salmson  I),  mais le n" 42 (S. A. R. A.  I),  pilotée par Mérandet et Lecureuil, avec 1.839 kilom. 476. 0 LE MMS, 14 juin. \
De notre rédaction mancelle). - On sait que le succès complet, sans réserves, des trois Lorraine-Diétrich, équipées du carburateur Zénith - que l'on retrouve toujours dans
mainte, victoire sportive - est un véritable triomphe, qui confirme la brillante renommée de l'industrie automobile française. Nous reproduisons aujourd'hui la photographie
de quelques concurrentes classées, a l'exception cependant de la Jousset, nouvellement venue au grand sport automobile, et qui en tournant sans défaillance, pendant 2i heures
n'en a pas moins accompli une performance extrêmement méritoire. La 7 C.V. Salmson a couvert la plus longue distance parmi les voitures de sa catégorie, 1.100 crac. Sa compagne
de course, le m* 47, a abandonné, non point - il sied le retenir - en conséquence d'un accident mécanique, mais tout unifient - par-* suM** dmowottop- 1twolont"lre au- règlement.
En effet, la vaillante petite voiture ayant glissé dans un bascôté de la route, c*es spectateurs avaient spontanément aidé le pilote à sortir d'embarras bien que celui-ci ne leur ai t
rien demandé. Ce bon mouvement du public a entraîné la disqualification de la Salmson-11 qui, plus rapide que sa jumelle, aurai t sans doute encore mieux fait qu'elle.
La " deux litres " Théo Schneider est arrivée première de sa catégorie en voitures françaises. Robuste et bien étudiée, elle a fait une excellente impression. M. Poirier,
directeur propriétaire de la marque peut être satisfait d'un exploit qui la classe parmi les meilleures. Il y avait neuf voitures d'un litre et demi sur la ligne de départ . Qui a pris
la première place au palmarès ? Corre La Licorne avec son n" 3. Si le n° 2, que pilotait l'administrateur de la maison Robert Lestienne, n'avai t été projetée dans un fossé
par la maladresse d'un concurrent, alors qu'elle tenai t la tète, elle avai t toute chance de figurer à l'arrivée avant, peut-être, sa camarade d'épreuve.
Rolland-Pilain, qui ne connaît que des succès, en acquiert un nouveau, de belle ampleur, avec sa voiture deux litres, strictement de série, qui a réalisé une moyenne horaire approximative
de 85 kilomètres, arrêt compris. C'est une voiture de ce type exclusivement commermerciale, et conforme au catalogue, qui s'est adjugé le record du monde des 5.000 kilomètres.
Des deux compagnes de la voiture classée, l'une s'est embourbée, l'autre a été victime de l'épuisement de sa batterie d'accumulateurs. En somme l'équipe n'a éprouvé aucun accident
mécanique. Ariès, la vieille et réputée marque française, méritai t un meilleur traitement de la Fortune. L'une des trois voitures a brûlé au Tertre-Rouge ainsi que nous l'avons dit;
l'autre a dérapé dans un fossé. Mais la troisième, n" 49, a fait une course impeccable qui a corrigé le mauvais destin et prouvé l'excellence de cette construction Et Peugeot ?
Peugeot qui marchai t ad mirablement et s'avérait le rival redout de Lorraine-Diétrich, à qui peut-être i eût ravi la palme ? Hélas ! Peugeot été victime du règlement sévère qui
joué contre lui a l'occasion de deux menus incidents : un pare-brise cassé e une batterie d'accumulateurs épuisée. L renommée de la grande marque demeure indemne.
On reste convaincu qu'ell est de taille à battre les meilleures e qu'elle prendra promptement sa revanche. Le constructeur Georges Irat n'a poin été prêt à temps et c'est grand dommage
Sa torpédo quatre places deux litres, tenai t de loin la tête des voitures de sa catégorie au début . de l'épreuve et se fû qualifiée 'i r l'année prochaine si la mise au point,
eût pu être achevée. Elle ne l'étai t pas et Georges Irat a dû se retirer Enfin, il nous est agréable de remercie ici M. Maurice Bigot, directeur de " Paris Garage ", au Mans,
qui nous a fait le grand plaisir de mettre à la disposition de l'Ouest-Eclair, pendant la durée du Grand Prix, une impeccable et élégante Donnet Zédel, dont la puissance et la tenue
de route nous ont permis de goûter - en compagnie de l'aimable et obligeant M. Fossi. qui conduit à l'Instar des as du volant - les joies du 100 kilomètres à l'heure
Empressons-nous d'ajouter qu'i l s'agilà, non d'une voiture de course, mai d'une 11 C.V. Donnet-Zédel de série, telle qu'elle est livrée a la clientèle et don le confort et la robustesse
n'ont d'égale que l'impression de sécurité complète qu'elle donne aux occupants, même lors qu'i l o leur plaît de dépasser la vitesse commerciale. Outre cette 11 C.V. de tourisme, d'un
prix très abordable, Donnet-Zédel construi t un type utilitaire 7 C.V., extrêmement > annréalé* de.- la"* clientèle..

LE GRAND PRIX DE L'A.C.P .
SERA COURU CETTE ANNÉE
PARIS, 14 juin. - A l'Automobile Club
de France, on déclare ce matin que le
brui t qui a couru hier sur l'annulation
du Grand Prix de l'A. C. F est sans fon-
dement.